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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 10:04

Le-changement-c-est-mainten.jpgQu'il est amusant de voir naître une nouvelle polémique autour de l'éventuelle nomination d'un ´fils de´ à la direction générale de l'EPADESA. Cécile Duflot, Ministre du Logement et de l'Egalité des Territoires, envisagerait de remplacer Philippe Chaix, l'actuel DG nommé en 2008 par le président de la République Nicolas Sarkozy, par Amin Khiari à qui il est reproché de n'avoir que 35 ans, d'être le fils d'une sénatrice PS et d'avoir été remercié de la direction de la fac Pasqua pour cause de gabegie financière. Ce qui est amusant est le parallèle établi entre un étudiant de 22 ans n'ayant pas fini ses études et qui est promu par les amis et obligés de son père, et un diplômé qui a déjà une dizaine d'années d'expérience professionelle et qui est le fils d'une élue qui est de la même couleur politique que le gouvernement. Il est presque étonnant que personne n'ait soulevé que la Ministre et le prétendant sont issus de la même Grande Ecole et que des accusations de clanisme n'aient pas remplacé celle de népotisme.

Le sujet n'est pourtant pas celui-là. Le sujet révoltant qui devrait provoquer l'indignation est qu'une fois encore l'administration du territoire de La Défense n'est pas placée entre les mains d'élus choisis par les citoyens vivant sur ce territoire mais par un cénacle sans légitimité dont les choix n'ont rien à voir avec les intérêts des administrés. Quand La Défense reviendra-t-elle enfin dans le droit commun, c'est-à-dire un territoire administré par les communes, ou communautés de communes, qui l'occupent?

Quelle va d'ailleurs être la conséquence des élections municipales de 2014 sur la gouvernance du quartier d'affaires? La présidente du conseil d'administration de l'EPADESA, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, actuelle maire de Puteaux, ne s'est pas représentée aux dernières législatives et son candidat y est arrivé en troisième position dans sa ville, ce qui la fragilise pour les municipales de 2014. Et puis peut-être que le parquet de Nanterre finira par se réveiller d'ici 2014 pour lui demander d'où venaient et où sont partis ses quatre millions d'euros placés au Luxembourg. Le maire de Courbevoie, actuel 3e vice-président de l'EPADESA, ira quant à lui sur ses 74 printemps en 2014 ; des rumeurs avaient déjà couru avant les précédentes municipales sur la possibilité qu'il cède la place à un candidat plus jeune. Sans compter que l'éventuel démarrage du chantier de la tour Phare avant les municipales pourrait lui coûter cher en voix.

Les représentants à l'EPADESA des deux principales communes de La Défense pourraient donc bien se voir remplacés après 2014. Comme par ailleurs six administrateurs de l'établissement public sont nommés par le gouvernement, et que la nommination d'un nouveau DG est apparemment en bonne voie, il y a fort à parier que la couleur politique de l'EPADESA change en 2014. Mais comme le montre la nomination du DG, sous la présidence Hollande, le changement, c'est la continuité.

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 07:47

Eric-CesariA l'occasion de la pose de la première pierre de la tour D², nous commençons à découvrir à quoi sert le conseiller municipal de la ville de Courbevoie chargé du suivi des grands projets concernant La Défense et les territoires limitrophes (ouf!) sur le rôle duquel nous nous interrogions : il inaugure les chrysantèmes à la place du maire.

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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 17:22

http://mouvements.catho85.org/IMG/vitraux/_00013.jpgL'intercommunalité se définit comme le regroupement de communes ou de municipalités dans une structure légale en vue de coopérer dans un ou plusieurs domaines comme l'eau, les ordures, les transports, les infrastructures comme les piscines ou bibliothèques, le développement économique, l'aménagement ou l'urbanisme. A Courbevoie, l'intercommunalité avec Puteaux se décline de manière protéiforme.

Commençons par l'EPADESA, un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC, en langage administratif) faisant l'objet d'une opération d'intérêt national (OIN, dans le même langage). Son rôle consiste à développer l'immobilier -essentiellement de bureaux- sur le quartier de La Défense, territoire à cheval principalement sur Puteaux et Courbevoie. Son président est d'ailleurs le maire de Puteaux, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, et son troisième vice-président n'est autre que le maire de Courbevoie, Jacques Kossowski. Tant son conseil d'administration que sa direction administrative se sont vus accusés récemment par l'Inspection Générale des Finances et la Cour des Comptes d'une gestion peu soucieuse des deniers publics. C'est l'un des miracles de l'intercommunalité.

On peut ensuite évoquer le Syndicat mixte de chauffage urbain de La Défense (Sicudef, pour les intimes), qui détient le monopole du chauffage et de la climatisation des tours de La Défense et des quartiers résidentiels y attenant. Rappelons que c'est en tant que vice-présidente de ce syndicat que la ci-dessus mentionnée Joëlle Caccaldi-Raynaud est soupçonnée de s'être enrichie illégalement de quatre millions d'euros placés dans des paradis fiscaux. Au conseil d'administration du Sicudef siège désormais son fils, Vincent Franchi. C'est l'un des miracles de l'intercommunalité.

L'intercommunalité entre Courbevoie et Puteaux revêt aussi la forme plus traditionelle d'une communauté d'agglomération depuis le 1er janvier 2011, dite Communauté d'agglomération Seine-Défense. On notera avec intérêt que ses trois axes d'action visent à pallier les déficiences du quartier de La Défense:

- "Accompagner la dynamique générée par le secteur de La Défense, en favorisant le développement économique et en soutenant les PME / PMI et le commerce" : autrement dit, La Défense n'entraîne pas dans son développement l'activité économique des quartiers limitrophes dans les communes où elle s'étend. Pire même, La Défense est physiquement coupée de ces communes, sans lien piéton ou routier d'accès facile ; c'est un périmètre relativement fermé et qui n'a aucune ambition de s'ouvrir sur les territoires adjacents, comme le prouve le projet de tour Phare qui va couper encore davantage Courbevoie du quartier d'affaires et isoler le quartier résidentiel du Faubourg de l'Arche.

- "Aménager l'espace urbain dans son ensemble en facilitant les liaisons à l'intérieur du territoire et en renforçant l'approche environnementale" : que dire de plus? Puteaux et Courbevoie, deux villes pourtant adjacentes dans une conurbation très dense et par ailleurs continue, sont on ne peut plus coupées et rendues inacessibles l'une de l'autre par La Défense.

- "Favoriser un développement équilibré de l'habitat au travers d'un programme local d'habitat (PLH) élargi à l'ensemble du territoire" : le développement de La Défense se fait en effet de plus en plus au détriment du logement, la priorité étant donnée à des projets pharaoniques.

Bref, ce que l'EPADESA défait, la Communauté d'agglomération Seine-Défense cherche à réparer. Bel exemple d'intercommunalité où les structures s'accumulent et affichent des intérêts contradictoires, là où on s'attendrait à voir au contraire les efforts centralisés au sein d'un seul et même organisme et tous se déployer dans le même sens.

Et comme si toutes ces structures ne suffisaient pas, à l'instar du gouvernement qui possède un ministre des relations avec le Parlement ou des Affaires étrangères qui possèdent un ambassadeur représentant permanent de la France auprès de l'Union Européenne, Courbevoie possède un conseiller municipal délégué à l'intercommunalité et un autre conseiller municipal délégué au suivi des grands projets concernant La Défense et les territoires limitrophes. Au vu du projet de la Communauté d'agglomération Seine-Défense, on pourrait se demander si ces deux conseillers municipaux délégués ne se marchent pas sur les pieds. Mais le miracle de l'intercommunalité, à l'image de celui de la décentralisation à la française, est de démultiplier les parts de gateaux, de donner des responsabilités -souvent de simples hochets- à tous ses amis politiques quand ce n'est pas à sa famille, ces responsabilités fussent-elles floues et superposées, voire vides de pouvoirs ceux-ci étant déjà attribués à une administration spécifique pourvue de moyens financiers dédiés.

Le député UMP Hervé Mariton dénonçait d'ailleurs les dérives de l'intercommunalité à la française dans un rapport de la commision d'enquête sur l'évolution de la fiscalité locale de l'Assemblée Nationale en 2005 : l'intercommunalité y est présentée comme un facteur aggravant de la fiscalité locale du fait du maintien de postes en doublons entre communes et structures intercommunales ainsi que de dépenses somptuaires de certaines structures intercommunales, de l'empilement des structures sur des périmètres qui se chevauchent et de la dégradation de la qualité des services rendus, qui peut s'expliquer par l'éloignement de ces structures du suffrage direct. Rien n'a changé depuis, et surtout pas à Courbevoie.

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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 21:55

Logo EPADESAL'établissement public d'aménagement de la Défense Seine Arche, EPADESA, possède une gouvernance collégialeles décisions se prennent de manière collective, nous rappelle le site de la ville de Courbevoie. Voilà qui garantit indépendance et équilibre au sein de l'instance, des contre-pouvoirs qui préviennent tout conflit d'intérêts et une représentation des électeurs qui vivent dans le périmètre administré ou son environnement direct.

Il suffit de se pencher sur la composition du Conseil d'Administration pour s'en convaincre. Il est présidé par la députée-maire UMP de Puteaux, ancienne suppléante de Nicolas Sarkozy dans la 6e circonscription des Hauts-de-Seine. Il comporte six administrateurs d'Etat nommés par le gouvernement UMP, ainsi que le député-maire UMP de Courbevoie, le président UMP du Conseil Général des Hauts-de-Seine, le fils du Président de la République lui-même (en tant que conseiller général UMP des Hauts-de-Seine) et le député européen-maire UMP de la Garenne-Colombes. Enfin, pour faire bon poids bonne mesure, les quatre derniers administrateurs sont des élus locaux PCF pour deux d'entre eux et PS pour les deux autres.

On imagine facilement combien les débats doivent être agités, l'énorme travail accompli au sein du conseil d'administration pour parvenir à des consensus et compromis, et sa grande difficulté à prendre des décisions cruciales. C'est d'ailleurs sans doute pour remettre l'EPADESA sur des rails, lui donner une direction claire et ainsi tracer sa voie pour l'avenir que le Président de la République aurait souhaité que son propre fils en prenne la présidence. A moins que ce ne soit l'inverse.

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  • : La Défense sans la tour Phare, l'EPADESA sans le Prince Jean, le pouvoir aux électeurs au suffrage direct.
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