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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 14:55

Eric Cesari, président de la communauté d'agglomération Seine-DéfenseLa question n'est pas originale, convenons-en : nous la posions déjà le 15 avril 2012... Mais justement, après plus de deux ans, le projet ne semble pas avancer, sans pour autant avoir été abandonné. Qu'en est-il exactement?

Le compte Twitter de la tour Phare continue à diffuser en boucle quotidiennement le même argumentaire sur les performances énergétiques, techniques, architecturales, esthétiques de la tour ainsi que son intégration dans l'environnement et l'absence de nuisances. Mais il reste figé dans le passé, rappelant l'origine du projet, le concours remporté par Thom Mayne fin 2006, rediffusant vidéos et interviews, sans toutefois apporter d'informations nouvelles : aucun calendrier, aucun statut sur les recours juridiques, aucune information sur le financement, encore moins sur d'éventuels occupants.

Un abandon envisagé?

Des rumeurs rapportées en fin d'année dernière par le site défense-92.fr font état d'un possible abandon du projet. Il est vrai que l'abandon de la tour Generali avait de même été précédée de rumeurs similaires. Plus factuellement, l'article cite également Unibail-Rodamco, le promoteur, qui justifie la suspension du projet par un appel qui devait être jugé au 1er trimestre 2014. L'échéance est passée sans pour autant d'annonce.

L'article cite aussi un opposant au projet, le conseiller général socialiste Jean-André Lasserre, pour qui la conjoncture économique dans l'immobilier est défavorable à la mise en œuvre du projet. De fait, les six derniers mois ont vu s'achever la construction à La Défense des tours Carpe Diem, D2 et Majunga, cette dernière étant aussi une réalisation d'Unibail-Rodamco ; toutes trois sont à ce jour sans occupants et surtout, sans occupants annoncés.

Sur le terrain, on constate d'ailleurs que Defacto, l'établissement public en charge de l'entretien de la dalle de La Défense, achève la réfection du revêtement en pavés de la place Carpeaux, place où s'élève aujourd'hui la sculpture du pouce de César mais où devait s'élever demain la tour Phare. Defacto ne parie donc manifestement pas sur un lancement prochain du chantier non plus.

Un environnement cependant plus favorable

S'il n'y avait les trois tours de bureaux récemment livrées à La Défense, la conjoncture immobilière ne serait pourtant pas si défavorable. Par ailleurs, les élections municipales d'avril 2014 ont conforté les maires UMP sortants de Puteaux et Courbevoie, réélus dès le premier tour et favorables au projet, pour ne pas dire plus ; tandis que leurs adversaires socialistes, opposés au projet, ont été relégués à des scores très modestes.

Plus particulièrement, dans l'équipe municipale de Courbevoie, un défenseur discret du projet monte en puissance: Eric Césari, membre de l'appareil politique central de l'UMP, conseiller municipal de Courbevoie en charge du suivi des grands projets concernant La Défense et les territoires limitrophes (sic) et désormais également président de la Communauté d'agglomération Seine-Défense, est de par ses fonctions très proche des promoteurs immobiliers. Or ce cumulard est pressenti pour prendre la succession de Jacques Kossowski à la mairie de Courbevoie, peut-être même au cours du mandat qui vient de commencer. Sans ancrage local, il aura moins de complexes à renoncer entre autres aux conditions d'accès entre Courbevoie et La Défense imposées à Unibail-Rodamco par le maire actuel ; et surtout à activer un projet auquel s'opposent les habitants du Faubourg de l'Arche à Courbevoie.

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 21:16

http://blog.bmykey.com/wp-content/uploads/2007/07/blog_immobilier_phare.jpgNous avions déjà souligné comment Unibail savait s'attirer l'attention du pouvoir socialiste en place à Paris et maintenant au sommet de l'Etat. La Cour des comptes nous rappelle, s'il en était vraiment besoin, qu'Unibail a également su par le passé être convaincant auprès du pouvoir UMP. Le Journal du Dimanche, dans un article intitulé "La Défense brade ses tours", nous rapporte ainsi que la Cour s'interroge aujourd'hui sur le prix des droits à construire payés par Unibail à l'EPAD (ancêtre de l'EPADESA) pour les tours Majunga et Phare. Et surtout, les magistrats se demandent pourquoi le directeur de l'EPAD, Philippe Chaix, nommé à ce poste par Nicolas Sarkozy, a accédé sans contrepartie aux demandes d'Unibail -avec le soutien du gouvernement du Président Nicolas Sarkozy- de renégocier les droits à construire des deux tours en défaveur de l'EPAD en 2011. L'opération se serait terminée par une réduction de prix de plus de 250 millions d'euros (dont 200 millions rien que pour le Phare) qui contribue aujourd'hui aux difficultés financières de l'EPADESA.

Sans parler de connivence et encore moins de corruption, l'article suggère cependant que l'intérêt qu'y trouvaient le gouvernement UMP et l'EPADESA (non moins UMP) était de relancer le plan de renouveau de La Défense, dont l'initiateur n'était autre que Nicolas Sarkozy. Peut-être Unibail avait-elle convaincu qu'un rabais lui permettrait de mettre en oeuvre plus rapidement les chantiers des deux tours, plutôt que de différer ses investissements. Peut-être Unibail avait-elle également convaincu que le plan de renouveau de La Défense serait la marque que le Président laisserait à l'Histoire, en termes de Grands Travaux, à l'instar des opéra, bibliothèque et musée de ses prédécesseurs. Quand on voit aujourd'hui l'échec de ce plan, qui se confirme un peu plus chaque année au point que même l'optimiste Philippe Chaix finit par concéder que le projet de tour Generali ne trouvera pas de repreneur*, on peut s'interroger sur la pertinence de ce rabais sans contrepartie.

La tour Majunga est désormais en construction, cependant encore sans occupant annoncé. Le Phare est quant à lui encore dans les cartons, et cette révélation du JDD ne va pas contribuer à l'en sortir.

Cet épisode montre une nouvelle fois que la structure-même de La Défense, un quartier aux mains de la puissance publique, dont ça ne devrait pas être le rôle, est obsolète. Les intérêts publics se voient rapidement supplantés par les intérêts politiques, qui ne servent que la caste dirigeante. Ce territoire devrait retourner entre des mains privées (qui seraient peut-être moins promptes à lancer des projets pharaoniques qui n'ont pas de marché) soumises aux règles d'urbanisme des communes qui s'y étendent.

 

*Defense-92.fr, extrait d'un article du 21 octobre 2012 : "Plus les mois passent, plus l'idée de voir un repreneur du projet de la tour Générali semble s'éloigner. Philippe Chaix qui semble de plus en plus pessimiste explique qu'un potentiel repreneur avait affiché sa volonté de racheter le projet auprès de l'assureur italien avant de jeter l'éponge. On devrait donc s'acheminer vers une rénovation de l'immeuble ou une restructuration légère."

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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 18:12

http:////www.ird.fr/var/ird/storage/images/media/images/illustrations/photographies/mouche-tse-tse/36916-1-fre-FR/mouche-tse-tse1.jpgLe promoteur du Phare se réjouit sur son compte Twitter avec ce message: "La nouvelle vague de La Défense : la tour Phare est dans les starting-blocks" en se référant à un article des Echos. L'article en question s'intitule plus sobrement "La nouvelle vague de la Défense" et son introduction commence ainsi: "Le coût de construction des immeubles tertiaires augmente avec la hauteur. Malgré un marché tertiaire en berne et des loyers en baisse, les projets de tours fleurissent à la Défense, financées en fonds propres et pour l'instant sans locataires." Voilà qui laisse une impression plutôt contraire à celle du tweet du Phare.

D'ailleurs, sur le terrain, Defacto rénove actuellement les pavés de la place Carpeaux, l'endroit-même où la tour Phare est censée s'élever et tandis qu'au cours des deux dernières années les pavés déchaussés étaient remplacés par des rapiéçages de bitume qui sentaient fort le provisoire. Ce qui semble démontrer que les anticipations de Defacto quant au prochain démarrage du chantier du Phare se sont inversées.

Le ton général de l'article des Echos est résumé par ces deux extraits:

"Au total, plus de 500 000 m² pourraient être livrés au cours des trois prochaines années dans le quartier d'affaires, dont le marché locatif cette année chute de 38%, avec le risque de faire grimper le taux de vacance aujourd'hui voisin de 7%. [...] Alors que le marché de bureaux est, au mieux, stable depuis 2008, que les loyers faciaux ne montent plus - ce qui signifie que les valeurs locatives réellement payées par les utilisateurs diminuent -, que des tours récemment livrées ont du mal à se remplir, quelle mouche pique les investisseurs?"

La journaliste n'apporte pas de réponse franche à cette question dans l'article. Elle y expose plutôt des faits, à commencer par les facteurs qui expliquent cette fuite en avant de l'immobilier sur La Défense:

- des investisseurs déjà implantés, qui cherchent à rénover et moderniser leur patrimoine pour qu'il ne se dévalorise pas complètement, et qui ont donc presque plus à perdre à ne rien faire qu'à investir sans retour sur investissement assuré à moyen terme;

- des promoteurs qui vendent qu'un immeuble neuf ou rénové se louera mieux, et qu'un immeuble loué vaut 13 à 20% de plus qu'un immeuble inoccupé;

- un gestionnaire du quartier d'affaires, l'EPADESA, pour qui la modernisation du quartier doit se faire quel qu'en soit le prix.

Tout ce microcosme est contraint de continuer à avancer, car s'il s'arrête il perd l'équilibre et s'écroule. Ainsi enfle une bulle spéculative, qui emportera avec elle non seulement ces acteurs, mais aussi les marchés dans lesquels ils évoluent. Aucune corde de rappel ne semble pouvoir les freiner. La journaliste en cite plusieurs:

- un coût de construction des immeubles de plus de cinquante mètres qui excède de 30 à 35% le coût au m² des immeubles bas;

- un équilibre financier qui ne peut être atteint que si les loyers des nouvelles tours égalent les loyers les plus élevés pratiqués actuellement sur La Défense (ceux des "plus beaux étages de la tour First");

- des loyers faciaux qui stagnent et des avantages accordés aux locataires qui vont croissant: ainsi d'ailleurs, la société Ernst & Young aurait obtenu deux ans de franchise de loyer pour emménager à la tour First fin 2010.

Le pari des investisseurs, promoteurs et de l'EPADESA, très risqué, est que la crise passera vite, et qu'une fois passée, elle laissera la place à un marché dont les niveaux de prix seront au moins égaux si ce n'est supérieurs à ceux d'avant crise. On ne peut pas dire que les cinq dernières années aient permis de vérifier aucune de ces deux hypothèses, que ce soit la brièveté de la crise ou le retour aux prix antérieurs. En attendant, la mouche qui a piqué la tour Phare dans ses starting-blocks semble être de variété tsé-tsé.

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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 07:24

http://www.renaud-bray.com/ImagesEditeurs/PG/1294/1294135-gf.jpgNous savions déjà qu'Unibail-Rodamco avait l'oreille de Bertrand Delanoë, maire de Paris, et de sa première adjointe Anne Hidalgo, à qui le groupe est parvenu à vendre des projets immobiliers controversés à des conditions financières qui font baver ses concurrents, à commencer par la tour Triangle. Voilà que nous découvrons maintenant que Guillaume Poitrinal, PDG d'Unibail-Rodamco, a aussi l'oeil du Président de la République!

Si avec ces relais, la tour Phare ne se construit pas, c'est à mettre au chômage des directions des relations publiques entières!

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 22:55

Incendie de la tour CCTV à Beijing.Le 19 novembre 2011, la préfecture des Hauts-de-Seine mena un exercice de simulation d'une catastrophe majeure dans le quartier d'affaires de La Défense. Le bilan qu'elle en tira révéla une défaillance critique: des problèmes d'accès au quartier ; les secours restèrent bloqués par des véhicules mal stationnés qui leur interdirent l'accès au site.

Une fois la tour Phare construite, dût-elle l'être un jour, comment les pompiers interviendront-ils en cas d'incendie? Par la ligne de tramway qu'elle chevauchera? ou la ligne de train, qu'elle chevauchera également? ou par le boulevard circulaire qui longera la tour, axe rapide à deux voies, sens unique et forte circulation, qui ne tardera pas à s'encombrer en cas d'évènement exceptionnel?

Par où des milliers de personnes paniquées évacueront-elles? Par des tunnels enfumés?

La densification recherchée par l'EPADESA et vantée par le promoteur de la tour Phare atteint déjà ses limites, comme le montre l'exercice de crise majeure mené en fin d'année dernière. La tour Phare ne fera qu'aggraver la situation: plus de trafic, sur moins d'espace ; ce qui limite les marges de manoeuvre et conduit à des catastrophes dans les situations extrêmes.

France Info rappelle à ce titre qu'un attentat dans le quartier ne relève pas que de l'hypothèse.

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 21:25

Projet de tour Phare.Le promoteur du Phare a beau revendiquer que la tour se situe dans un quartier non-résidentiel, les 15000 résidents de ce quartier s'interrogent légitimement sur l'évolution du prix de leur logement pendant et après sa construction. Le Phare fera-t-il baisser le prix du m² au Faubourg de l'Arche? Ou au contraire, le revalorisera-t-il?

D'un côté, le chantier (sur la carte) apportera des nuisances pendant au moins cinq ans (2012-2017), dont un va-et-vient de dizaines de camions de chantier par jour, un accès piéton chaotique au parvis de la Défense (qui est l'objet officiel du blocage actuel du projet), bruit, palissades, grues, boue sur les routes... Sans compter qu'à deux cents mètres sont censés démarrer au cours de la même période deux autres chantiers considérables dans une zone urbaine également très dense: celui de la tour Ava (livraison prévue en 2015, sur la carte) et le projet Trinity (livraison également prévue en 2015, sur la carte) du côté est du CNIT en surplomb de l'avenue de la Division Leclerc*. Des années d'enfer en perspective pour la circulation dans ce quartier (qui sera également cerné du côté Nanterre par le chantier du stade Arena 92, livraison prévue en 2014, sur la carte), aux côtés desquels les deux ans de chantier de prolongement du tramway T2 n'étaient qu'une pâle mise en bouche.

En bleu, le boulevard circulaire qui délimite La Défense. La ligne orange trace les contours du quartier du Faubourg de l'Arche.

Une fois le Phare construit, il portera son ombre sur le quartier et ses 300mSimulation de l'occultation visuelle de la tour Phare en venant du Faubourg de l'Arche. s'érigeront en rempart entre le Faubourg de l'Arche et le parvis de la Défense là où aujourd'hui une perspective dégagée relie les deux et constitue l'un des principaux atouts de la localisation du Faubourg sur le marché de l'immobilier. Enfin, les plus de 8000 salariés que la tour est censée abriter à terme viendront s'ajouter aux bataillons qui empruntent déjà des transports urbains saturés quotidiennement, ce qui laisse également présager d'une aggravation du parking sauvage dans les rues du Faubourg.

De l'autre côté, ces 8000 salariés accroîtront la pression immobilière sur le quartier, et ce d'autant plus que les transports ne suivront pas. Par ailleurs, grâce au développement du quartier d'affaires, les premiers acquéreurs d'appartements au Faubourg de l'Arche ont vu la valeur de leurs biens tripler en quinze ans. Pourquoi cela ne continuerait-il pas avec de nouvelles tours?

Notre question initiale se synthétise donc ainsi: l'accroissement potentiel de la demande de logements sur La Défense (sur-)compensera-t-il la dégradation de l'environnement du quartier du Faubourg de l'Arche?

Le premier élément de réponse n'est qu'indirect: comme nous l'avons déjà abondamment illustré et commenté ici et , le m² de bureaux à La Défense subit une pression à la baisse. Les entreprises attendent une remise en qualité du quartier d'affaires, d'ailleurs tant au niveau des transports que de l'immobilier de bureaux, par le biais de rénovations ou de restructurations des m² existants dont la tour First représente l'exemple emblématique. Pourtant l'EPADESA persiste à ajouter des tours nouvelles aux côtés des plus anciennes, qui se dévalorisent mutuellement. Si le marché immobilier de logements est distinct de celui de bureaux, il reste cependant difficilement concevable qu'une crise de l'immobilier de bureaux n'ait pas de conséquences directes sur les logements voisins.

Prenons maintenant des exemples directs. La carte ci-dessous indique de manière assez fine le prix moyen du m² par zones résidentielles autour de La Défense. Elle nous permet de comparer différentes situations d'immeubles résidentiels aux abords de La Défense.

Les lignes bleues délimitent les communes avec, au centre, Courbevoie, et à son extrémité ouest, le Faubourg de l'Arche.

A l'est de La Défense se distingue parfaitement Neuilly-sur-Seine et ses tarifs en rouge (à plus de 9120€ le m²), et au nord-est la commune de Levallois-Perret en rouge orangé moins vif. A l'opposé, à l'ouest, Nanterre affiche des zones en vert sombre (moins de 4700€ le m²). Puteaux au Sud. Courbevoie au Nord, avec au Nord-Ouest du CNIT le quartier du Faubourg de l'Arche où les prix au m² ressortent en orange (entre 6000 et 7000€ le m²).

Entrée du Faubourg de l'Arche depuis la place Carpeaux.Bien que n'étant pas en front de Seine face à Neuilly et que côtoyant Nanterre qui est très peu valorisée, le parc immobilier du Faubourg de l'Arche affiche des tarifs nettement supérieurs à celui de son voisinage. Ces tarifs s'expliquent par un immobilier récent (construit entre la seconde moitié des années 1990 et la première moitié des années 2000), autour de quelques squares, dans une architecture originale, légèrement en retrait de La Défense tout en y étant directement lié par un accès piéton au parvis, large et aéré. Accessoirement, les constructions y flirtent avec les hauteurs des immeubles de grande hauteur sans jamais tomber dans la réglementation IGH, ce qui permet d'en éviter l'aggravation des charges d'exploitation.

Le quartier présente aussi ses inconvénients: il est enchâssé entre les hautes tours de La Défense au sud (tours Cèdre, Egée, Adria et T1), des voies ferrées et l'usine de chauffage de La Défense à l'ouest, un vaste cimetière au Nord, et le fréquenté boulevard de la Mission Marchand à l'est. Ce qui explique sans doute pourquoi il n'égale pas les tarifs de Levallois ou Neuilly-sur-Seine (ces communes bénéficiant cependant aussi de leur proximité de Paris). La faible variété des commerces le conduit par ailleurs à ressembler à une cité dortoir.

Résidence La Sirène.Prenons à côté de cela la résidence La Sirène (marquée par un point bleu ciel), dans les zones vert sombre immédiatement à l'est du CNIT (le triangle blanc) sur la carte. Sise à quelques encâblures du Faubourg de l'Arche, elle s'élève au pied de la tour Total, l'une des plus hautes de La Défense (180m) et abrite dans ses étages bas la caserne de pompiers de La Défense. Certes, l'immeuble est moins récent que le Faubourg, sa construction remontant à 1975. Par ailleurs, bien que situés en bordure du boulevard circulaire, ses appartements ne bénéficiaient pas de double vitrage à l'origine. Enfin, avec 17 étages, il tombe dans la pénalisante réglementation IGH. Cela dit, il bénéficie d'un accès encore plus direct au parvis de La Défense, et ses appartements offrent de vastes terrasses en escaliers. Cependant, aussi haut que vous leviez la tête à partir de ces terrasses, vous ne voyez qu'une chose: le monolithe noir oppressant de la tour Total. Le m² y est à moins de 5000€.

Appartement avec vue sur Seine et 50m² de terrasse...à moins de 4000€/m².Un peu plus loin, voici en vente actuellement un appartement de cinq pièces (marqué d'un point mauve sur la carte) au troisième étage sur cinq avec vue dégagée sur la Seine, face à Neuilly, à 200m de la ligne 1 du métro, station Esplanade de la Défense, d'une surface de 125 m² auxquels s'ajoutent 50m² de terrasse. Son seul défaut apparent, si c'en est un, est que sa construction remonte à 1970. Il présente sinon, sur le papier, des qualités exceptionnelles: vue dégagée sur la Seine, grande terrasse, proximité des transports et localisation au sein du premier quartier d'affaires d'Europe. Il s'affiche pourtant à un prix de vente de 495 000€, soit moins de 4000€ le m²! Et encore ne s'agit-il que du prix affiché en agence, pas celui de la transaction finale éventuelle. Comment expliquer une telle décote? Cette résidence souffre déjà de la proximité de l'immeuble Calyon et de la tour Neptune. Elle se situe également à 150m de la tour First, la plus haute de La Défense (231m) et dont la rénovation dura quatre années jusque l'an passé. Elle se situe enfin à 100m du projet des tours Hermitage qui s'élèveraient à 300m de haut. Dans le quartier, les occupants des trois immeubles de la résidence des Damiers ont déjà été expropriés et les bâtiments sont destinés à la destruction. Voilà qui est un mauvais présage pour tous les immeubles résidentiels à proximité du quartier d'affaires: dépréciation avec le rapprochement des tours, avant la destruction.

 

* Il est d"ailleurs surprenant et évocateur qu'aucun de ces trois projets, dans ses communications, maquettes ou infographies, ne représente l'un des deux autres dans son environnement et que tous se contentent de se situer dans l'environnement actuel. C'est encore plus marquant pour le projet Trinity, qui partage le même promoteur que la tour Phare, à savoir Unibail-Rodamco. Comme si aucun des projets ne croyait dans le succès des autres ; ou s'il était inopportun de rappeler à tous que le paradis éventuel promis à terme sera un enfer certain pour la décennie à venir.

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 00:19

Tour Egée plongée dans l'ombreAvant même que la tour Phare n'écrase les 155m de la tour Egée sous ses 300m, la tour Egée est déjà plongée dans l'ombre. La société Ernst & Young l'a quittée en fin d'année 2011 pour emménager à la tour First, à l'autre extrémité du quartier d'affaires. Plus de trente étages sur les quarante de la tour sont ainsi désertés depuis maintenant plusieurs mois. De nuit, les logos Ernst & Young restèrent certes Enseignes éteintes à la tour Egéeallumés aux entrées et au sommet de la tour pendant quelques mois (ce n'est plus le cas aujourd'hui), ses étages n'en sont pas moins totalement éteints depuis décembre 2011.

Quelles perspectives son propriétaire, la foncière allemande KanAm, peut-il donner à cette tour datant de la fin du siècle dernier (1999)? Après un premier bail de douze ans, il pourrait sérieusement envisager une rénovation, voire une restructuration pour la mettre au niveau des tours construites depuis (Coeur Défense, tour T1 qui est voisine de la tour Egée, tour First...). Plusieurs facteurs peuvent néanmoins réfreiner les éventuelles velléités de KanAm.

A commencer par la conjoncture économique, peu favorable à des investissements et peu propice à leur financement. Ensuite, l'offre de mètres carrés vacants est déjà large et diversifiée (en termes de qualité) sur La Défense: citons pêle-mêle les étages inoccupés de Coeur Défense, la tour Scor, que le réassureur vient de quitter en mars dernier pour emménager dans Paris, les tours Majunga et Carpe Diem en cours de construction, et même la tour Europe que KanAm est déja en train de restructurer. Enfin, et voilà sans doute l'écueil majeur, la tour Egée se situe aux premières loges du prochain chantier de la tour Phare qui, s'il débute comme il est désormais prévu avant la fin de l'année, durera au moins cinq années: difficile dans cet environnement de trouver des locataires empressés de naviguer chaque jour, pendant des mois, voire des années, entre gravats, palissades, grues et chemins boueux pour accéder à leurs bureaux. Tout ceci pour voir in fine un obstacle s'élever et obscurcir davantage chaque jour leur lieu de travail.

La raison semble davantage pencher en faveur de l'attentisme: d'abord voir si le projet de tour Phare se concrétise; et si par malheur c'était le cas, courber l'échine pendant de nombreuses années en bradant les mètres carrés à prix sacrifiés, sans doute avec des baux de courtes durées, avant de voir le nouveau visage du quartier prendre forme et décider alors d'une restructuration de la tour Egée en rapport avec son nouvel environnement.

Tour Séquoïa (dite tour SFR)Sauf que voilà, la tour Egée n'est pas seule dans cette situation et donc sur ce marché. La tour Séquoïa, située entre la tour Egée et le CNIT, précisément en bordure de la place Carpeaux que le Phare est appelé à occuper, se trouve au premier plan du futur chantier et doit elle aussi se vider prochainement. SFR, son locataire, prévoit en effet de réunir tous ses effectifs à Saint-Denis d'ici à 2015: l'annonce, diffusée le 1er octobre 2010 et depuis assez flottante, semble avoir été confirmée incidemment le mois dernier.

Cela se bouscule à la sortie ; pas certain que cela se bousculât aussi à l'entrée. Chronique d'un dépérissement annoncé du quartier, à l'ombre de la tour Phare.

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 21:36

tour-phareLes recours des élus d'opposition et des riverains ont été jugés vendredi 11 mai par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise. Et rejetés. Prétendant juger au fond, le tribunal administratif n'a surtout rien trouvé à redire au formalisme juridique du permis de construire, toutes les procédures préalables ayant été respectées. En attendant, les vraies raisons du blocage du projet pourraient bien se situer ailleurs

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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 14:57

http://lucileee.blog.lemonde.fr/files/2007/02/tour-phare.1170837590.thumbnail.jpgLe commencement des travaux était prévu début 2012. Nous sommes en avril ; l'exposition publique sur la Tour Phare organisée par Unibail-Rodamco chez lui, au CNIT, et qui a mis la clé sous la porte depuis plusieurs mois, est désormais remplacée par un stand Nokia ; le pouce de César se dresse encore place Carpeaux, et les enfants essaient toujours de l'escalader tandis que les touristes continuent à s'y confronter aux lois de l'optique (comment photographier en gros plan une personne au pied d'une statue de 12m en arrière-plan?). Le temps semble suspendu depuis que le maire de Courbevoie a refusé la destruction de la passerelle Carpeaux en octobre 2011, manoeuvre dont nous soulignions alors l'adresse politique.

Nous nous attendions à ce que le promoteur cède à la demande du maire et propose une solution technique pour permettre aux piétons de circuler par un accès de plain-pied entre le Faubourg de l'Arche et le parvis de La Défense. Ceci aurait autorisé l'édile à prétendre avoir sauvé l'essentiel (en fait la conséquence la plus visible et la plus immédiate de la construction de la tour, mais qui est loin d'être son désagrément principal sur le long terme). Il n'en fut rien. La seule avancée du projet depuis des mois prend plutôt les airs d'une reculade: la page Facebook du Phare a lancé une pétition en ligne, Oui à la tour Phare, le 12 avril dernier. Comment interpréter ce statu quo?

Envisageons l'hypothèse que les prochaines élections gèlent tout progrès du projet dans l'attente de leurs résultats. L'élection présidentielle d'abord, mais surtout les élections législatives (rappelons en effet que M. Kossowski cumule les mandats de maire de Courbevoie et de député de la 3e circonscription des Hauts-de-Seine). Cela peut paraître étonnant car l'approche des élections se révèle souvent, au contraire, propice au BTP, pour des raisons qui m'échappent. Elle n'empêche en tout cas pas des villes comme Marseille ou Cannes d'être aujourd'hui d'immenses chantiers. Cela semble pourtant être le cas pour la tour Phare.

En cas de défaite aux législatives, le maire de Courbevoie ne prévoit donc manifestement pas de se reconvertir à la direction des relations publiques d'un géant du BTP ou d'un promoteur immobilier. Mais il n'est pas certain qu'Unibail attende non plus la défaite du député, qui resterait d'ailleurs maire: l'opposition a fait de la lutte contre la tour Phare son cheval de bataille ; obtenir son revirement prendrait du temps et nécessiterait de coûteuses concessions. Unibail attend sans doute plutôt un renouvellement du mandat du député actuel, espérant que celui-ci alors délivré de la pression électorale, pourrait céder plus facilement à la pression du promoteur. Cependant la pression électorale reviendra rapidement, avec l'échéance des élections municipales moins de deux ans plus tard, début 2014. On imagine mal le maire de Courbevoie aborder sa réélection en plein chantier de la tour Phare et avec une opposition des électeurs au projet qui lui a déjà coûté le canton de Courbevoie-Sud en 2011.

Tour TriangleLe calendrier électoral ne justifie donc peut-être pas à lui seul le blocage du projet, finalement. Une seconde hypothèse est qu'à chaque jour suffit sa peine: Unibail doit en effet déjà achever le chantier de sa tour Majunga, également située à La Défense, et pour laquelle aucun occupant n'est pour l'instant annoncé ; et batailler aussi pour un autre projet pharaonique et controversé, celui de la tour Triangle dans le XVe arrondissement de Paris. Sans compter que le marché immobilier décline, et qu'il est ainsi devenu urgent d'attendre pour les investisseurs. Unibail peut en réalité remercier Jacques Kossowski de lui donner un prétexte pour garder son bas de laine au chaud en ces temps turbulents.

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 22:52

La tour MontparnasseSimultanément à l'ouverture de l'exposition au CNIT, le gardien du Phare lance son site internet (avec lien sponsorisé sur Google) et son fil Twitter. On y apprend entr'autres choses que la tour sera "intégrée dans le paysage de la Défense". Rappelez-vous: des vessies pour des lanternes et un trou noir pour une étoile... La tour Phare sera aussi bien intégrée dans son paysage que peut l'être la tour Montparnasse.

Ce que prouve surtout cet effort de communication tous azimuts, c'est que le gardien du Phare a bien compris qu'il est loin de l'avoir emporté, et qu'il va lui falloir retourner beaucoup de vestes pour mener son projet à terme. Avec force maquettes, photomontages, slogans et discours assénant des contre-vérités, sa stratégie consiste à rendre tangible, acquis et donc inéluctable un projet qui reste en réalité aussi virtuel que sa communication.

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  • : Les dessous du quartier de la Défense
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  • : La Défense sans la tour Phare, l'EPADESA sans le Prince Jean, le pouvoir aux électeurs au suffrage direct.
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