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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 21:59

http://www.airparif.asso.fr/services/cartes/indice/date/jourDans un courrier peu polémique du 7 février dernier, le président du Conseil général des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian, adresse au président de l'association Airparif, Jean-Félix Bernard, une fin de non-recevoir à sa demande de maintien de la subvention du département au budget de fonctionnement de l'association de surveillance de la qualité de l'air en Ile-de-France. Ce courrier ne fait néanmoins que formaliser un refus exprimé en des termes moins nuancés lors du vote du budget 2013 de l'association le 25 janvier dernier.

Le président d'Airparif bat en brèche les motifs invoqués par le président du Conseil général, soulignant la bonne gestion de l'association auditée par la Cour des Comptes, la proportionnalité des effectifs employés par rapport aux missions confiées et la faiblesse de la contribution du département (1,4%) relativement aux capteurs déployés par l'association pour surveiller la qualité de l'air sur son territoire (10% des capteurs d'Ile-de-France). Persiflant à son tour, il rappelle que "ce n'est pas en cassant le thermomètre qu'on règle la température".

De fait, après Paris, les Hauts-de-Seine sont le département à l'air le plus pollué d'Ile-de-France, notamment par la pollution automobile. L'initiative du Conseil général ressemble fort à une volonté de faire taire cette vérité peu flatteuse. Aussi, sur un lien de son site à côté de la lettre de refus adressée à Airparif, le Conseil général s'empresse de couper l'herbe sous le pied de ses détracteurs en listant les actions qu'il mène pour améliorer la qualité de l'air. Mais là, on déchante:

- on y parle qualité du bitume et fluidification des feux sur les routes du département, rien que des efforts encourageant l'automobile;

- le Conseil général prétend faire des efforts sur les déplacements de son propre personnel et sa flotte de véhicules (en les remplaçant par des véhicules de moins grosse cylindrée, équipés de pots catalytiques ou de filtres à particules ; ce qui laisse songeur, puisque ce sont de toutes façons trois axes sur lesquels tous les constructeurs automobiles renouvellent leurs gammes depuis plusieurs années déjà, donc le CG n'a aucun effort particulier à faire à ce sujet). On note encore que ces efforts restent centrés sur l'automobile;

- enfin, le Conseil dit s'être mis au véhicule électrique (scooters et voiturettes) et envisager d'accroître sa proportion à l'occasion de la passation d'un futur marché. Rien que de l'automobile encore.

On s'étonnera de l'absence de mention des transports en commun comme alternative, alors pourtant que la ligne T2 du tramway vient d'être prolongée dans les Hauts-de-Seine sur un axe très fréquenté. Mais il est vrai que le département ne fait guère que monter dans le train en marche concernant les transports publics en Ile-de-France, qui sont d'abord à la main de la Région et du STIF, tous deux dirigés par le socialiste Jean-Paul Huchon.

On s'étonnera également de l'absence d'aménagement pour les piétons ou les cyclistes : si vous voulez traverser la Seine dans le département par un pont, notamment pour les trajets reliant Paris, ce ne sera pas sur une piste cyclable, mais sur un trottoir non aménagé pour les cycles et bordant des voies de circulation embouteillées et polluées. Le département entend manifestement protéger le mode de déplacement aujourd'hui privilégié de ses résidents, quitte à détruire leur santé, et l'affiche de manière désormais décomplexée en avouant que la qualité de l'air des Hauts-de-Seine n'est plus une de ses priorités et préférant que personne ne communique plus sur le sujet. On en reparlera.

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