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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 10:07

Locaux techniques et verrière sur les toits de Coeur DéfenseLe défi que relèvent les architectes à La Défense depuis les cinq dernières années ambitionne de doter les nouvelles tours d'un vrai toit. En effet, même les tours construites dans la première moitié de la dernière décennie, comme les emblématiques Coeur Défense (2001) et Tour EDF (2001) ou encore la plus discrète Tour Adria/Technip (2002), à l'instar de toutes leurs aînées, n'arborent qu'un toit bêtement plat. Plusieurs raisons justifiaient cela, à commencer par des raisons pragmatiquement fonctionnelles : qu'ils soient abrités sous un toit qui les couvre ou posés sur un toit plat, les locaux techniques (machineries d'ascenseur, de ventilation, de climatisation, pompes à eau, etc...) restent invisibles à presque tous les points de vue. Un toit plat permet également la pose de rails le long de la façade sur lesquels circule une grue d'où peut descendre la nacelle des laveurs de carreaux. Enfin, un toit couvert nécessite la construction de volumes n'abritant que peu ou pas de surfaces utiles, bref n'offre pas de retour économique immédiat.

Panorama de La Défense avant la Tour FirstCependant, vue de loin, quelle que soit sa forme, une tour au toit plat n'apparaît plus que comme un simple parallélépipède plus ou moins haut parmi une forêt de parallélépipèdes. Sa personnalité ne tient plus qu'à la couleur réfléchie par ses carreaux de verre, éventuellement zébrée de béton pour les tours les plus anciennes ; elle ne se distingue pas dans la 'skyline' tant mise en avant aujourd'hui dans le milieu des architectes. D'où le regain d'intérêt des architectes souhaitant se distinguer.

Chrysler Building, style Art DecoLes tours biseautées de la Société GénéraleCe défi architectural des temps modernes... n'en est un que pour La Défense. Des tours qui se terminent par autre chose qu'un toit plat s'élèvent depuis 80 ans à New York avec les mythiques Chrysler Building (1930) et Empire State Building (1931). A vrai dire, La Défense abrite aussi, depuis 1995, des tours dont le sommet n'est pas plat mais biseauté : il s'agit des tours Chassagne et Alicante de la Société Générale, rejointes depuis 2008 par la Tour Granite, qui ressortent un peu du reste du paysage de La Défense.

La Tour T1, loin de la tour sans fin, une tour inachevéeSi la Tour Granite n'a pas fondamentalement innové en matière de style par rapport à ses deux consoeurs, la Tour T1 construite à la même époque a tenté d'aller plus loin. Les architectes de cette tour, désormais le siège de GDF-Suez, l'ont dessinée tout en courbure du sol à son sommet, telle une voile de catamaran gonflée par le vent. Hélas, le demi-cercle à son sommet, constitué par ce qui ressemble à un échafaudage grillagé, marque une discontinuité par rapport au reste de la façade de la tour qui donne une impression d'inachevé. L'absence d'habillage sur le treillis laisse passer la lumière du jour et les locaux techniques posés sur son toit en réalité plat sont largement visibles pour les piétons regardant la tour du parvis de La Défense.

http://img23.imageshack.us/img23/6195/axafirst.jpgA ce jour, le seul succès sur La Défense face à ce défi architectural fut remporté par la restructuration de la Tour AXA, anciennement à toit plat, devenue Tour First. Sa flèche, d'un dessin plus recherché que la flèche pyramidale -voire quasiment droite- de l'Empire State Building par exemple, distingue la tour de son environnement. La Tour First bénéficie qui plus est de son emplacement en front de Seine, à l'entrée de La Défense face à Paris, et de la hauteur la plus élevée des tours du quartier avec 231m, ce qui fait d'elle désormais une icône de la fameuse 'skyline' de La Défense. Sa flèche dépasse par exemple de la cîme des arbres du Jardin d'Acclimatation et y rappelle à elle seule la proximité de La Défense.

Panorama de La Défense après la Tour First

Aujourd'hui, la plupart des projets en cours sur La Défense ambitionnent des toits rompant avec la tradition du sommet plat : Carpe Diem, Majunga, et surtout D2. Les tours Hermitage Plaza, si elles se construisent, devraient toutefois être plates à leur sommet, ceci dit parfaitement plates et sans locaux techniques. Le projet de Tour Phare envisage quant à lui l'installation d'éoliennes à son sommet, afin de peaufiner sonLes cheveux raccourcis du Phare ne cacheront guère les locaux techniques posés sur son toit... plat image écologique, et une finition en chevelure. Cependant les éoliennes font l'objet d'un recours pour le risque que comportent des objets mobiles à cette altitude, en cas de détachement d'une pièce. Dans le même esprit, le promoteur a dû réviser à la baisse la hauteur des "cheveux" prévus pour la tour.

On touche là le paradoxe de ce renouveau des toits qui prolongent la tour. Plus la tour est haute, plus la conception de toits complexes se heurte à des contraintes (exposition à des vents plus violents qu'au sol, risques pour la circulation aérienne, ...). Et moins de tels toits sont nécessaires, car ils se situent hors de portée visuelle pour la plupart des observateurs. Au contraire, les tours plus basses mériteraient de vrais toits, telles une maison, pour une raison d'abord esthétique : affiner les monolithes oppressants qui nous dominent. 

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