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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 12:00

Carte-CQV.jpgLa Carte Qualité de Ville, lancée par la mairie de Courbevoie en 2005, naquit sous les meilleurs auspices. Elle fut d'abord inaugurée par Brice Hortefeux, grand défenseur des libertés publiques (et des Auvergnats) s'il en est. Elle fut également gratifiée du prix Territoria 2005 au chapitre de l' "utilisation des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) par une collectivité" ; pour prendre toute la mesure de la valeur de ce prix, rappelons qu'il récompensa la municipalité de Puteaux la même année au titre de la "démocratie locale/concertation"...(1) (2)

La Carte Qualité de Ville est d'abord une fonctionnalité de paiement à distance (essentiellement un site de paiement en ligne) de prestations offertes par la municipalité: halte-garderie, crèche, restauration scolaire, études surveillées. Une banalité, aujourd'hui où le paiement sur internet est devenu monnaie courante, y compris pour les services publics et... l'impôt.

Au-delà de la fonctionnalité, c'est aussi une carte plastique au format d'une carte de crédit, d'où le nom attribué à l'ensemble (le paiement à distance et la carte). Une carte attachée à chaque enfant scolarisé dans la ville, qu'il doit insérer dans un lecteur à l'entrée dans l'établissement, éventuellement aussi à sa sortie. Est-il utile de préciser que cette carte, entre le cartable, le sac de sport, les poches de l'enfant, celles de ses parents, de ses grands-parents, des nourrices, souffre d'une probabilité non négligeable d'être perdue au cours de l'année scolaire? La qualité de vie ne s'en trouve pas forcément améliorée ; d'une manière générale, la carte en elle-même n'entraîne aucune amélioration de la qualité de service pour l'usager qui ne serait déjà apportée par le paiement en ligne. Ce n'est d'ailleurs pas une carte de paiement.

Du côté du service rendu, justement, qu'apporte la carte à la municipalité? Elle est censée permettre au personnel scolaire de connaître dès l'entrée en classe le nombre d'enfants qui déjeuneront à la cantine le midi. En pratique pourtant, les enseignants doivent systématiquement vérifier manuellement les présences en cantine, si l'on en croit les débats du conseil municipal. Elle sert ensuite à recenser automatiquement, sur la base déclarative du badgeage des enfants à des bornes dédiées, toutes les prestations à facturer aux parents. Ceux-ci pourraient légitimement espérer en retour recevoir une facturation détaillée claire et vérifiable. Ce n'est pas le cas. Aucune facture ne leur est adressée. Aucune facture n'est davantage disponible en ligne. Seule une fonction de requête des mouvements sur le compte entre deux dates est disponible sur le site: entre les prestations à l'année facturées mensuellement, celles facturées à la prestation, celles facturées au taux horaire, celles qui sont recensées mais facturées à zéro, comprendre ce qui est dû et le budgéter mois après mois relève de la gageure.

Bref, la Carte Qualité de Ville pêche au niveau de... la carte, justement. Celle-ci n'apporte rien. Seul le paiement en ligne apporte un service aux usagers. Et encore celui-ci serait-il supérieur si, comme tout paiement en ligne, il adressait une véritable facture à ses utilisateurs.

En 2005, le projet ambitionnait d'étendre l'utilisation de la carte à la piscine municipale et au stationnement. Une carte qui enregistrerait donc un périmètre croissant d'activités des Courbevoisiens. Voilà qui n'est pas sans rappeler le projet de carte d'identité biométrique servant aussi aux paiements. Ce plan semble cependant être resté lettre morte, pour l'instant.

 

(1) L'association Territoria, qui délivre ces prix, promeut l'innovation et l'utilisation des nouvelles technologies par les collectivités territoriales. Il ne peut donc que surprendre que son propre site Internet n'archivât pas les prix remis antérieurement à 2007. Renierait-elle ses choix passés?

(2) Comme pour le prix Ville Internet, les lauréats sont choisis par leurs pairs, des élus de collectivités territoriales rejoints par des entreprises privées et associations qui vivent de la manne publique locale. Nul doute que les prix sont attribués en toute objectivité, sans considération pour les affinités politiques ni les renvois d'ascenseurs.

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Published by vince vabohda - dans Les primaires de l'UMP
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