Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 17:22

http://mouvements.catho85.org/IMG/vitraux/_00013.jpgL'intercommunalité se définit comme le regroupement de communes ou de municipalités dans une structure légale en vue de coopérer dans un ou plusieurs domaines comme l'eau, les ordures, les transports, les infrastructures comme les piscines ou bibliothèques, le développement économique, l'aménagement ou l'urbanisme. A Courbevoie, l'intercommunalité avec Puteaux se décline de manière protéiforme.

Commençons par l'EPADESA, un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC, en langage administratif) faisant l'objet d'une opération d'intérêt national (OIN, dans le même langage). Son rôle consiste à développer l'immobilier -essentiellement de bureaux- sur le quartier de La Défense, territoire à cheval principalement sur Puteaux et Courbevoie. Son président est d'ailleurs le maire de Puteaux, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, et son troisième vice-président n'est autre que le maire de Courbevoie, Jacques Kossowski. Tant son conseil d'administration que sa direction administrative se sont vus accusés récemment par l'Inspection Générale des Finances et la Cour des Comptes d'une gestion peu soucieuse des deniers publics. C'est l'un des miracles de l'intercommunalité.

On peut ensuite évoquer le Syndicat mixte de chauffage urbain de La Défense (Sicudef, pour les intimes), qui détient le monopole du chauffage et de la climatisation des tours de La Défense et des quartiers résidentiels y attenant. Rappelons que c'est en tant que vice-présidente de ce syndicat que la ci-dessus mentionnée Joëlle Caccaldi-Raynaud est soupçonnée de s'être enrichie illégalement de quatre millions d'euros placés dans des paradis fiscaux. Au conseil d'administration du Sicudef siège désormais son fils, Vincent Franchi. C'est l'un des miracles de l'intercommunalité.

L'intercommunalité entre Courbevoie et Puteaux revêt aussi la forme plus traditionelle d'une communauté d'agglomération depuis le 1er janvier 2011, dite Communauté d'agglomération Seine-Défense. On notera avec intérêt que ses trois axes d'action visent à pallier les déficiences du quartier de La Défense:

- "Accompagner la dynamique générée par le secteur de La Défense, en favorisant le développement économique et en soutenant les PME / PMI et le commerce" : autrement dit, La Défense n'entraîne pas dans son développement l'activité économique des quartiers limitrophes dans les communes où elle s'étend. Pire même, La Défense est physiquement coupée de ces communes, sans lien piéton ou routier d'accès facile ; c'est un périmètre relativement fermé et qui n'a aucune ambition de s'ouvrir sur les territoires adjacents, comme le prouve le projet de tour Phare qui va couper encore davantage Courbevoie du quartier d'affaires et isoler le quartier résidentiel du Faubourg de l'Arche.

- "Aménager l'espace urbain dans son ensemble en facilitant les liaisons à l'intérieur du territoire et en renforçant l'approche environnementale" : que dire de plus? Puteaux et Courbevoie, deux villes pourtant adjacentes dans une conurbation très dense et par ailleurs continue, sont on ne peut plus coupées et rendues inacessibles l'une de l'autre par La Défense.

- "Favoriser un développement équilibré de l'habitat au travers d'un programme local d'habitat (PLH) élargi à l'ensemble du territoire" : le développement de La Défense se fait en effet de plus en plus au détriment du logement, la priorité étant donnée à des projets pharaoniques.

Bref, ce que l'EPADESA défait, la Communauté d'agglomération Seine-Défense cherche à réparer. Bel exemple d'intercommunalité où les structures s'accumulent et affichent des intérêts contradictoires, là où on s'attendrait à voir au contraire les efforts centralisés au sein d'un seul et même organisme et tous se déployer dans le même sens.

Et comme si toutes ces structures ne suffisaient pas, à l'instar du gouvernement qui possède un ministre des relations avec le Parlement ou des Affaires étrangères qui possèdent un ambassadeur représentant permanent de la France auprès de l'Union Européenne, Courbevoie possède un conseiller municipal délégué à l'intercommunalité et un autre conseiller municipal délégué au suivi des grands projets concernant La Défense et les territoires limitrophes. Au vu du projet de la Communauté d'agglomération Seine-Défense, on pourrait se demander si ces deux conseillers municipaux délégués ne se marchent pas sur les pieds. Mais le miracle de l'intercommunalité, à l'image de celui de la décentralisation à la française, est de démultiplier les parts de gateaux, de donner des responsabilités -souvent de simples hochets- à tous ses amis politiques quand ce n'est pas à sa famille, ces responsabilités fussent-elles floues et superposées, voire vides de pouvoirs ceux-ci étant déjà attribués à une administration spécifique pourvue de moyens financiers dédiés.

Le député UMP Hervé Mariton dénonçait d'ailleurs les dérives de l'intercommunalité à la française dans un rapport de la commision d'enquête sur l'évolution de la fiscalité locale de l'Assemblée Nationale en 2005 : l'intercommunalité y est présentée comme un facteur aggravant de la fiscalité locale du fait du maintien de postes en doublons entre communes et structures intercommunales ainsi que de dépenses somptuaires de certaines structures intercommunales, de l'empilement des structures sur des périmètres qui se chevauchent et de la dégradation de la qualité des services rendus, qui peut s'expliquer par l'éloignement de ces structures du suffrage direct. Rien n'a changé depuis, et surtout pas à Courbevoie.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Les dessous du quartier de la Défense
  • Les dessous du quartier de la Défense
  • : La Défense sans la tour Phare, l'EPADESA sans le Prince Jean, le pouvoir aux électeurs au suffrage direct.
  • Contact

Recherche